Handicap : une vie sous autorisations…

Publié: décembre 3, 2014 dans Uncategorized

handicapAujourd’hui, bien que nous en parlions peu il se trouve que c’est la journée internationale des personnes handicapées…

Vous savez c’est 12 millions de personnes qui en France attendent vainement l’autorisation d’être purement et simplement citoyens, tous ceux qui parce que, notre société ne sait ou ne souhaite pas les inclure, attendent inlassablement un seule chose : l’accès à leur droits les plus élémentaires.

Mais savons nous vraiment ce qu’est la vie d’une personne en situation de handicap???

Je ne parlerai pas ici ni de maladie, ni de douleurs ni de soins, mais simplement de ce que chacun d’entre nous connais,  je ne parlerai que de la Vie.

Alors que peut bien être la vie d’une personne en situation de handicap??? je la résume ainsi, il s’agit d’une vie « sous autorisation » ou plutôt d’une vie qui dépend de l’autorisation des tiers… de celles et ceux qui se considérant comme « sachant » décident quotidiennement de ce que sera la vie de millions de personnes, souvent à l’encontre de propres envies.

D’abord pendant la grossesse où dans la prime enfance, lorsque le handicap survient ou est découvert… le droit de vivre… Je suis toujours partagé sur la décision à prendre lorsque le handicap est découvert anténatal… entre tentative eugénique d’avoir une espèce humaine « sans défaut », et incapacité compréhensible de certains parents d’envisager un avenir avec et pour un enfants lourdement handicapé…  Mais dans une Société réellement inclusive, une société adaptée à chacun de ses membres, une société solidaire et non dans la pitié et la charité, le choix de ces parents serait bien plus simple. Lorsque l’on sait que son enfant aura toutes ces chances pour grandir, s’épanouir, apprendre… VIVRE, sans contraintes malgré le handicap… alors on l’accompagne sur le chemin de cette vie qui s’ouvre à lui, comme n’importe quels parents avec n’importe quel enfant. Le Handicap ne sera pour lui qu’une particularité supplémentaire, identique à sa couleur de cheveux, il fera simplement partie de sa personne sans pour autant la définir.

Ensuite, il faut pour toute personne en situation de handicap, obtenir LE sésame, celui sans lequel la vie sera encore plus compliquée… la Reconnaissance de handicap

Sans cette démarche, la personne en situation de handicap n’est rien… Il faut donc que la société nous autorise à être en situation de handicap (sans pour autant reconnaître son implication dans la création du processus de situation de handicap…).

Cette reconnaissance, attribuée par des « experts » sur une base essentiellement médicale (ce qui est déjà critiquable) n’est pas croyez le un passe droit, un ouvre porte à tout va… voir même dans certaine situation il est enfermant, excluant, isolant…

Je le sais… beaucoup pense que cette reconnaissance est un passe droit, sans compter sur le sésame des sésame, la carte de stationnement, tellement enviée, tellement copiée, tellement falsifiée..

Mais cette reconnaissance est surtout le début d’une longue vie de justification…

Pour l’obtenir, il faut prouvé le handicap… normal me direz vous, mais tellement difficile de démontrer la hauteur de la gène occasionnée par un handicap, dont lorsqu’il se voit, ce que l’on voit n’en est que la partie immergée de l’iceberg.

Ensuite pour le garder… il faut prouver tous les cinq ans que nous sommes toujours en situation de handicap… aucun répit donc, tous les cinq ans notre administration oblige les personnes à se replonger dans le handicap, dans cette situation qui fait d’elles des être différents au yeux de notre société. Imaginez la personnes amputée obligée tous les cinq ans de justifier que sa jambe n’a pas repoussé…

La justification va s’accroître dans la vie de la personne en situation de handicap. Outre justifier son handicap elle va aussi devoir justifier un peu partout ces besoins, ces envies…

Depuis 2005, et sur le principe c’est une bonne chose, nous avons vu arrivé le principe de la compensation.

A la base ce principe est simple, c’est la collectivité qui compense la « marche » en la déficience de la personne et la Société dans laquelle elle vit. La Société comble le trou …

Sauf qu’au delà de cette idée, les réalités financières ont pris le dessus… et la compensation est limités aux restrictions qui lui sont apportées.

Du coup la compensation s’appuie sur « le projet de vie » de la personne… Que souhaite elle faire de sa vie pour les cinq années à venir… vous savez vous ce que vous souhaitez faire de votre vie pour les cinq ans à venir??? Moi NON…

Pour chaque chose que l’on souhaite faire, il faut ensuite justifier pourquoi nous avons besoin de tel ou tel dispositif, de tel ou tel soutien, …

Emploi, scolarité, engagements associatifs, vie sociale, rien de doit être oublié.

Ensuite il faut attendre… la fameuse autorisation le courrier qui dit c’est bon, vous êtes reconnu en situation de handicap, et vous avez bien justifié vos besoin, nous allons en partie les compenser…

Pour ce qui est de la scolarisation… rien de plus compliqué… si nous parvenons à obtenir la reconnaissance et l’attribution d’une auxiliaire de vie scolaire (lorsqu’il y en a besoin et ce n’est pas le cas pour tous les enfants en situation de handicap), il faut désormais attendre l’autorisation de l’Inspection d’académie, qui a ou pas les AVS sous la main, de la Mairie, qui souhaite ou non accueillir l’enfant à la cantine, sur les TAP, à la garderie, dans les activité extra et péri scolaires.

Une fois dans l’emploi… une nouvelle autorisation, un nouveau « sésame » la RQTH… Reconnaissance de Qualité de Travailleur Handicapé… pour une fois que le handicap peut être considéré par notre société comme une qualité… mais de qualité nous n’avons que le mot…

Malgré cette reconnaissance, malgré l’obligation d’emploi de 6% de travailleurs handicapés dans les entreprises publiques et privées, les choses se corsent… Entre les employeurs qui ne connaissent pas le handicap, qui en ont peur, qui disons le s’en foutent ou n’en veulent pas, et les institutions pas plus intéressées par la question… Il semblerait que nous ayons le Droit de travailler mais pas forcément l’autorisation de le faire.

Et pendant ce temps, alors que certains cherche à faire profiter les employeurs de leurs compétences, ces derniers sont plus occupés à faire la chasse aux « RQTH » auprès de leur personnel… oubliant même que là pour le coût la personne en situation de handicap est la seule à décidé si oui ou non elle souhaite la communiquer…

Du coup si « RQTH » et employeurs se rencontrent… il y a encore une autorisation à obtenir… celle de la médecine du travail… Apte ou inapte… la fameuse question, qui doit être tranchée par des médecins méconnaissant à  la fois l’entreprise, la personne et le handicap… mais c’est bien elle qui tien entre ces mains la vie professionnelle du salarié.

Si toutefois, il nous est reconnu l’incapacité de travailler, et qu’il nous est autorisé de toucher soit une pension d’invalidité, soit une allocation adulte handicapé, nous devons nous réjouir que la Société nous autorise à toucher ces quelques subsides inférieur au seuil de pauvreté… sans compter que pour ce qui est de l’AAH, là ne demandons surtout pas l’autorisation de nous marier, elle nous serait accordée avec en contre partie une diminution de cette allocation nous permettant désormais de ne plus vivre sous les autorisation perpétuelle de la Société, mais sous celle issu de notre nouvelle dépendance à l’être que nous aimons. Et oui, on a le droit d’aimer, mais attention aux conséquences. Si ils nous épouse c’est pour le meilleur et pour le pire, mais surtout pour financer notre vie, nos plaisir…

En parlant d’amour, avec ou sans mariage, se fait souvent sentir le désir d’enfants… et là on recommence avec les éternelles justifications… oui malgré le handicap et/ou la maladie, nous devons expliquer que nous souhaitons un enfant, que nous saurons nous en occupé… voir pire il nous faudra expliquer que note handicap n’est ni génétique, ni transmissible et que le futur enfant à venir ne risque rien.

Rajouter à cela que pour beaucoup notre Liberté fondamentale de nous déplacer, de vivre dans notre citée est soumise à l’autorisation de nos élus de bien vouloir prendre en compte (en non en charge) notre situation de handicap…

Voilà, j’ai certainement omis bien des champs des autorisations nécessaires à la vie d’une personne en situation de handicap dans notre société.

Et pendant que j’y suis, il serait bon un jour que citoyens, politiques, institutions cessent de voir le handicap comme une CHARGE… les personnes en situation de handicap n’ont aucune besoin d’être pris en charge mais uniquement d’être PRIS EN COMPTE… mais j’y reviendrait plus tard

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